Le Hussard – Un entrepreneur français dans le collimateur de La République en Marche ? (partie II)

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[ Clause de non-responsabilité ]

Cet article vient compléter un premier article publié le 25/10/2021 sur Breizh Info.
Nous rappelons que les propos tenus par Grégory Leroy n’engagent que lui. Ils ne sauraient en aucun cas, à aucun moment, refléter mon opinion ou celle de la rédaction de Breizh Info.

Lionel Balloud

Une jeune femme venue préparer sa traversée du Caucase en solitaire, un collectionneur d’armes quinquagénaire, un jeune officier de l’armée de terre, un développeur informatique, un professeur de français, un agent de services hospitaliers. Le groupe de tireurs est très hétéroclite, mais tous viennent à Varsovie chez Hussard pour la même chose : s’initier au tir de combat.

Au fur et à mesure que le séminaire avance, les six stagiaires s’améliorent sensiblement. Leur posture est plus stable, leur dégainé plus direct. Les circonvolutions inutiles ont pratiquement disparu. Ce dimanche, pour le deuxième jour de séminaire, les tireurs travailleront de façon mobile. Déplacements de face, déplacements arrière, déplacements latéraux. Grégory, organisateur du stage, m’explique que certains de ces mouvements peuvent être travaillés dans les clubs de TSV (tir sportif de vitesse), mais que ces mêmes clubs étaient très rares, et que les listes d’attente pour s’y inscrire étaient interminables, pour ne pas dire complétement bouchées.

L’exercice du tir d’action immédiate m’interpelle. Il s’agit de réagir à une menace venant subitement de côté ou dans le dos. Les procédures sont extrêmement strictes : Identification visuelle de la menace, rotation avant en direction d’elle, dégainé, tir. Une approche sportive et une approche tactique sont abordées. Toutes deux diffèrent légèrement. Le diable est dans les détails.

Ici la menace vient de dos. Le tireur effectue les premiers tirs de riposte à une main car l’assaillant est dangereusement proche.


Grégory prend en photo les stagiaires à l’aide d’un parapluie diffuseur tenu à bout de bras. Je l’interroge sur ce qu’il est en train de faire.

« Le stagiaire est placé au centre de ma communication, il est placé au centre de mon entreprise. Mon client est acteur, et non simple consommateur. Ce ne sont pas des fanboys, ce sont eux les hussards. Quand je fais leur portrait, je raconte leur histoire, leurs objectifs, leurs aspirations. Je m’efface derrière eux. Ils sont la manifestation physique d’une forme de rébellion française. Bien sûr, il y en a qui viennent simplement faire le stage pour le plaisir et visiter Varsovie. Je ne forme pas une brigade paramilitaire, je te rassure (rire). »

Une mystérieuse cloison est alors positionnée à 15 mètres des cibles. Les tireurs défilent les un après les autres pour tirer derrière le « 9-hole », une barricade pyramidale à 9 trous. L’idée est de simuler le tir derrière une couverture. L’instructeur Adam explique les positions à adopter pour conserver une bonne stabilité. « Mets-toi au yoga ! » crie-t-il aux stagiaires en difficulté. Puis il donne des astuces pour surmonter les handicaps physiques de tout un chacun.

Grégory me commente :
« Ce stage pistolet a été conçu pour tout le monde, jeune comme moins jeune. Enfin pour tous ceux qui passent la visite médicale (rire) »

Le stagiaire tire derrière la barricade à 9 trous, canon parallèle à l’ouverture. Il se tient à une certaine distance de la cloison pour des raisons tactiques.


Viennent  les exercices d’auto-défense. Chaque participant se positionne à moins de 70 cm d’une planche en carton. Une altercation rapprochée est simulée. Les stagiaires portent un coup au visage de leur adversaire, puis se protègent la boite crânienne tout en dégainant leur pistolet dissimulé à la ceinture. Ils tirent au jugé, pistolet maintenu au niveau de leurs côtes. Deux balles viennent se loger dans l’abdomen de leur cible.

L’impact est brutal. Je ressens la pression des gaz qui viennent se réverbérer contre les panels en carton. J’éprouve un certain malaise à vrai dire. L’arme est ici utilisée de façon instinctive, sans utiliser les organes de visée. Il n’y plus aucun challenge sportif. Il s’agit d’éliminer l’assaillant à bout portant, purement et simplement. Des civils devraient-ils s’entrainer à réagir à une menace avec tant de violence ?

« Cet exercice permet de sensibiliser les stagiaires à la puissance de leur pistolet. Dans cette position, Ils peuvent sentir la pression des gaz libérés sur leur visage. Ca les responsabilise. D’autre part, ça les confronte à la problématique du dégainé au corps à corps, un scenario critique typique des agressions de rue. » m’explique Grégory.

L’instructeur surveille son élève. Il tient à ce que son pelvis fasse une légère rotation en arrière afin de garder son arme hors de portée de l’ennemi.



Pour le dernier exercice, les stagiaires basculent volontairement en arrière au sol. Ils effectuent ensuite un tir de riposte, toujours au sol, afin de creuser subitement une distance entre un assaillant armé d’un couteau, qu’on imagine sous l’emprise de stupéfiants. Il s’agit de tirer dans sa zone centre-masse pour regagner l’avantage, se relever, puis de le neutraliser définitivement d’un tir de précision dans la tête. « Two to the body, one to the head! » commande l’instructeur.
Lorsque sept personnes tirent côte à côte sur un même ordre cadencé, on a l’impression d’entendre le roulement d’une mitrailleuse assourdissante. Une mitrailleuse qui exécute sa sentence définitive, sans appel.

Les combattants se relèvent sans jamais se dessaisir de leur arme.

Mon malaise se transforme cette fois en peur. Ne s’agit-il pas là de techniques d’assassinat ? De vengeance planifiée ? Je reste silencieux, je suis très tendu. Isolé dans mon casque anti-bruit, je me perds dans mes pensées. Ce que l’on dit sur Hussard n’était-il pas vrai ? Les inquiétudes de la Républiques en Marche ne seraient-elles pas bien fondées ?
Je ne sais rien de ce Grégory Leroy en fin de compte, seulement ce qu’il veut bien me dire de lui. Suis-je bien en sécurité avec lui ? Ses stages sont-ils bien légaux ? Ai-je bien fait de venir ici ?

J’entends soudain une voix, « Viens voir Lionel ! ». C’est Grégory qui m’interpelle, il me demande de me rapprocher. Il me tend l’écran de son téléphone. De très belles jeunes femmes en sous vêtements, parfois même nues, posent de façon suggestive.  « C’est moi qui les ai prises en photo, elles sont mignonnes hein ? J’ai placé la softbox légèrement en retrait derrière elles, la lumière sculpte leurs corps. Elles sont incroyables. »
Il avait l’air très fier de lui, « Tu vois, des jolies filles comme ça, j’en ai jamais vu en France. Et puis les françaises aiment les minets, les jolis garçons. J’ai plus de chance avec les slaves. On va dire qu’elles sont plus pragmatiques (rire). »

Je commence à mieux saisir l’inadaptation chronique de cet homme à la société française. Ne serait-il pas mieux pour lui comme pour nous qu’il se tienne éloigné de l’hexagone ? Certes, la France vit avec ses névroses, ses injections d’argent public, ses territoires perdus, ses violences gratuites, ses renoncements, ses compromis. Mais Grégory ne risque-t-il pas d’apporter la guerre avec ses stages ? Son remède brutal ne risque-t-il pas de tuer le malade ? Je ne trouve pas de réponse à mes interrogations. Les stagiaires décrochent les cibles de silhouettes humaines déchiquetés. Je suis inquiet.


Il est 16:00, nous touchons à la fin du séminaire de deux jours. Les tireurs vont démonter et nettoyer leur pistolet. Munis de brosses et de produits nettoyants, mains gantées de latex, ils démontent chacun leur arme autour de deux tables rapprochées, sous la supervision de l’instructeur. Je vous épargnerai à vous lecteurs les saillies et plaisanteries très douteuses qui fusent entre eux, et qui ne brillent pas particulièrement par leur finesse !

Le stagiaire brosse les résidus de carbone et les saletés diverses qui ont pu venir se loger dans le canon de son Glock 17

L’instructeur se lance ensuite dans un exposé relativisant « la perfection » des pistolets Glock (célèbre slogan du fabriquant autrichien). Le Glock 17 sera comparé à d’autres modèles de fabricants concurrents comme le HK SFP9. Je suis concentré sur l’exposé d’Adam quand Grégory se rapproche de moi :  « J’ai vu que tu n’étais pas très à l’aise tout à l’heure lors des exercices d’auto-défense. Ca arrive aussi à certains stagiaires. J’espère que mes photos t’ont détendu (rire) »


Il marque un silence, respire profondément, puis il continue :


« Il se passe en moyenne vingt minutes. Vingt longues minutes avant une intervention policière. En vingt minutes, il peut se passer beaucoup, beaucoup de choses. Tes agresseurs auront eu le temps de te jeter au sol, de te piétiner la tête répétitivement contre le bitume, de te casser les dents, de te défigurer, de te larder de coups de couteau. Tu as bien vu ce qu’ils ont fait à ton confrère journaliste à Reims non ? Tu connais leur sauvagerie. Ils sont capables de te mettre en pièce au point où même ta mère ne te reconnaitrait plus. La France est devenue un pays ultra-violent.
Comme tu t’en es aperçu lors de notre initiation au contrôle des hémorragies, il ne faut pas grand chose pour perdre la vie. Ca se joue à quelques centimètres, à quelques secondes près. Comme le dit Adam, nous sommes “Easy to kill” . C’est pourquoi les français doivent se préparer, se conditionner à réagir vite face à ces guet-apens du quotidien, quand la fuite n’est plus possible. »

Le médecin instructeur TECC (Tactical Emergency Casualty Care) montre aux stagiaires comment appliquer un point de compression sur l’artère fémorale tout en mettant en place un garrot tourniquet. L’objectif est de stopper l’hémorragie massive le plus rapidement possible.


Certes, mais je lui objecte que la solution devrait être d’ordre politique. La violence vengeresse ne résout rien. Grégory me répond :
« Les dirigeants français ont fait un choix il y a quarante ans. Ils ont choisi de sacrifier la sécurité des français pour accueillir toute la misère du monde. Je le regrette, mais le mal est fait. La société n’est plus la même, elle est changée en profondeur, à jamais. Je ne pense pas que l’on puisse revenir en arrière. Et de toutes les façons, nous n’avons aucune emprise sur la politique du pays. 

D’autre part, je ne suis pas d’accord avec toi quand tu parles de vengeance. C’est important pour moi car je suis chrétien. Il ne s’agit pas de vengeance, mais de gestion de crise. Il s’agit de gérer une situation dégradée. Ces agressions doivent être résolues froidement, sans affect, comme un opérateur. Je crois que l’on peut tirer sur quelqu’un et l’abattre sans haine. »

Un participant arbore sous sa polaire tactique le t-shirt d’une sainte protégeant une brebis. Elle tient un fusil de chasse et une bannière royaliste.


Grégory, en bon chrétien, propose de solutionner les “conflits dégradés” en opérant au 9mm. Il s’agit sans doute de son interprétation toute personnelle des évangiles. La formule pourrait prêter à rire s’il ne me semblait pas absolument sérieux. Il me parle calmement sans laisser transparaitre aucune émotion. Comme si ces jeunes délinquants issus d’une immigration incontrôlée étaient une simple variable d’ajustement. Une forme de désordre qu’il s’agissait de réguler par la force.

Je conteste sa vision tragique et déshumanisée de la société française. Je lui retorque aussi que la violence est le monopole de l’Etat. Que si chaque citoyen commençait à tirer sur son agresseur, nous nous dirigerions vers une guerre de tous contre tous. Il me coupe :

« Ça, c’est une théorie abstraite ! Un truc qui marche entre citoyens d’un peuple homogène. Un migrant psychotique sous drogue, un dealer, un gitan voleur de cuivre, un djihadiste, ils se fichent bien de l’Etat, de la loi. Ca ne veut rien dire pour eux. Ils profitent et abusent de notre naïveté.
Au contraire, si des citoyens sanctionnaient systématiquement et très durement les violences faites à leur personne, si on se défendait mutuellement, alors mécaniquement le nombre d’agressions violentes diminuerait. Comme je te l’ai dit plus tôt, je pense que la société française a régressé vers quelque chose de primitif. Zemmour parle de “tiers-mondialisation”, je trouve la formule pas mal. Les français doivent désormais compter avant tout sur eux-mêmes et leur communauté pour se défendre. Hussard vient leur apporter un savoir faire qui leur était jusque-là interdit. Mon offre vient remplir un vide.  »


J’ai comme l’impression que Grégory mène une croisade perdue d’avance. Que son imagination a pris le dessus sur la réalité. Il est d’ailleurs beaucoup critiqué sur les réseaux sociaux. On lui reproche de déployer une « idéologie » (ce mot revient souvent) dangereuse, mêlant analyse technique et justice expéditive. On peut aussi entendre qu’il serait un sorte de rentier immobilier en manque de sensations fortes.

Grégory Leroy se présentant pour la première fois en 2017 sur sa chaine Youtube HussardTV

« Tu sais, j’ai tout à perdre en organisant ces stages, et mes profits sont somme toute limités. Je n’ai aucun sponsor, aucune aide, aucun contrat public. Pourtant, des mauvaises langues me reprochent d’être un entrepreneur sans scrupule, un inconscient qui ternit l’image « honorable » des tireurs français. D’autres me reprochent d’être un juif, un héritier.

La vérité est que j’ai pleinement mesuré les risques que je prenais sur ma vie privée comme sur mon patrimoine. Je suis surveillé par une multitude de services. Au moindre accident, on m’attendra au tournant. Mais tu sais quoi ? il fallait que quelqu’un le fasse malgré tout. Il fallait qu’il y ait une réaction de la société civile à toutes ces violences devenues normales, banales. Il fallait que cette initiative émerge, sans aucune consultation préalable, sans aucune autre forme de justification que l’urgence de la situation.

D’autre part, en tant qu’entrepreneur, je trouve que c’est une très belle entreprise que d’apprendre concrètement le maniement des armes à mes compatriotes en ces temps troubles. A l’heure du tout virtuel, de la peur des virus, de la peur de tout, des hommes se réunissent et travaillent ensemble à faire face, ça a beaucoup de sens.
Cela dit, ta dernière critique n’est pas complétement infondée. Pour mon équilibre personnel, je dois vivre avec le risque de tout perdre, le risque de la mort. Je dois être dans le combat. Cela me tient éveillé. »

Grégory est directement visé par la proposition de loi n°4212 présentée à l’assemblée nationale par Aurélien Taché et un groupe de députés LREM . Cette loi sonnera-t-elle le glas de son entreprise Hussard ? Affaire à suivre…

Lionnel Balloud

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